Infection urinaire : comment soigner une cystite ?

Sandrine Billaud, Docteur en pharmacie

La cystite ? C’est 3 millions de consultations par an en France et 2 fois plus souvent pour des femmes entre 20 et 40 ans que pour des hommes. Alors si l’envie d’uriner se fait très fréquente au point d’aller aux toilettes toutes les 15-20 minutes, que ça brule, que ça fait mal, c’est peut-être une cystite ! Que faire dans ce cas pour la soulager, comment éviter sa survenue et surtout comment prévenir les récidives ?

Infection urinaire : comment soigner une cystite ?

Sommaire

 

Une cystite : qu’est-ce que c’est ?
 

La cystite fait partie de la famille des infections urinaires. Une infection urinaire peut toucher les différentes parties du système urinaire : les reins, les uretères, la vessie, l’urètre
Les reins assurent la filtration du sang en permettant l’élimination des déchets et jouent également un rôle important dans la régulation de la presison sanguine.
Les uretères sont de petits canaux qui permettent le passage de l’urine des reins à la vessie.
La vessie fait office de réservoir d’urine.
L’urètre conduit l’urine de la vessie à l’extérieur du corps

Il existe 3 types d’infections urinaires en fonction de leurs localisations :

  • - La cystite infectieuse : c’est la forme la plus courante et celle dont nous allons parler dans cet article. Elle ne touche presque que les femmes, c’est une inflammation de la vessie et le plus souvent cette inflammation est provoquée par des bactéries qui prolifèrent et qui sont du genre Escherichia coli (90% des cas de cystite). Ces bactéries sont présentes au niveau intestinal et aux environs de l’anus, elles peuvent alors passer de la région anale et vulvaire à la vessie en remontant par l’urètre. La cystite s’accompagne toujours d’une  inflammation de l’urètre appellée urétrite.

  • -    L’urétrite infectieuse : c’est le cas lorsque l’infection touche uniquement l’urètre, c’est à dire le conduit qui relie la vessie au méat urinaire. Dans ce cas, ce sont souvent des infections sexuellement transmissibles (IST) plus courantes chez les hommes mais les femmes peuvent en souffrir. Différentes bactéries peuvent provoquer ces urétrites comme Chlamydia ou le gonocoque. De plus, chez l’homme, cette infection peut s’accompagner d’une prostatite.

  • -    La pyélonephrite : c’est l’infection urinaire la plus grave car l’inflammation atteint le bassinet, c’est-à-dire la cavité du rein collectant les urines et le rein lui-même. Cette infection est généralement due à des batéries qui peuvent lors d’une complication de cystite être remontées de la vessie vers les reins. La pyélonephrite aigue survient le plus souvent chez la femme et surtout chez la femme enceinte ou chez les enfants qui ont une malformation des uretères ce qui provoque un reflux de l’urine de la vessie vers les reins.


Tout facteur qui rend l’évacuation des urines de la vessie plus difficile peut favoriser la survenue d’une cystite, car les bactéries se multiplient plus facilement dans les urines non évacuées de la vessie. 
La cystite infectieuse concerne le plus souvent la femme, car son urètre est beaucoup plus court, mesurant 3 à 4 cm, que celui de l’homme, ce qui facilite la remontée de bactéries dans la vessie. Environ 50% des femmes feront au moins 1 épisode de cystite infectieuse au cours de leur vie.

Une cystite : pourquoi ? Quelles sont les causes ?

Dans les conditions normales, l’urine est stérile et ne contient que de l’eau (à 96%), des sels et des composants organiques et pas de microorganismes. De plus, notre système urinaire est équipé de nombreux moyens de défense contre les infections :

  • - Le flux urinaire expulse à chaque miction les bactéries et les empêche de réaliser leur ascension vers la vessie et les reins.
  • - L’acidité de l’urine inhibe la croissance des bactéries.
  • - La surface très lisse de l’uretère et sa forme empêche les bactéries d’adhérer et de remonter de l’urine vers les reins.
  • - Le système immunitaire et des substances antibactériennes contrôlent également ces bactéries.
  • - Chez l’homme, les sécrétions de la prostate contiennent des molécules qui ralentissent la progression des bactéries dans l’urètre.

 

En cas d’infections urinaires, les bactéries arrivent à « coloniser » le système urinaire et l’urine est alors contaminée : c’est en recherchant la présence de bactéries dans l’urine (ECBU : examen cytobactériologique des urines) que le médecin confirmera le diagnostic.

Dans plus de 90% des cas, le germe en cause est une bactérie intestinale de type Escherichia coli et les autres bactéries retrouvées peuvent être : Proteus mirabilis, Staphylococcus saprophyticus, Klebsiella

A quoi est due l'infection urinaire ?  

Une question d’anatomie…

- Chez les femmes, la proximité entre l’anus, le vagin et le méat urinaire facilite énormément l’accès de l’urètre aux bactéries intestinales provenant du rectum comme Escherichia coli. De plus, l’urètre féminin étant très court (à peine 4 cm), cela facilite l’accès des bactéries à la vessie. De plus, la grossesse, l’usage d’un diaphragme comme moyen contraceptif (compression de la vessie) et l’usage de tampons pendant les règles augmentent le risque.

- Chez l’homme jeune, l’infection urinaire est souvent de type urétrite et est liée à l’activité sexuelle. Chez l’homme plus âgé, elle est souvent associée à des troubles de la prostate.

- Chez les enfants, l’infection urinaire peut être le signe d’une anomalie anatomique du système urinaire et doit toujours être prise en charge par un médecin.

Si l’infection n’est pas traitée, la bactérie peut continuer à se multiplier et à envahir les voies urinaires pour éventuellement rejoindre les reins et provoquer une pyélonéphrite.

Cystite : quels sont les facteurs de risque ?  

 

  • - Grossesse :
    dilatation physiologique des voies urinaires et variations hormonales. Attention car les infections urinaires constituent chez la femme un risque d’accouchement prématuré !

  • - Diabète, immunodépression, ménopause.

  • - Utilisation de spermicides.

  • - Traitement antibiotique ayant « décapé » la flore intestinale et/ou vaginale.

  • - Insuffisance d’hydratation ou mictions retenues.

  • - Chez les hommes : hypertrophie de la prostate.

  • - Bains en piscine ou prolongés en baignoire avec des produits de bains agressifs (parfums, composés chimiques…).

  • - Vêtements en matière synthétique et/ou trop serrés qui favorisent la transpiration et la macération.

 

Cystites : quels sont les symptômes ?

Les symptômes les plus courants sont : 

  • -    Des douleurs ou brulures en urinant. 
  • -    Une fréquence élevée de mictions le jour mais aussi la nuit.
  • -    Un sentiment d’avoir envie d’uriner tout le temps.
  • -    Des urines troubles, foncées, qui présentent une odeur désagréable.
  • -    Une sensation de pesanteur dans le bas ventre.
  • -    Quelques fois du sang dans les urines.
  • -    Il n’y a pas de fièvre lorsqu’il s’agit d’une simple cystite.    


S’il y a présence de fièvre, consulter immédiatement un médecin.
Attention aux symptômes très variés chez les enfants : quelques fois, il y a de la fièvre sans autres signes, un mal de ventre et une énurésie (des pipis au lit…).

Chez les nouveaux nés et les bébés, l’infection urinaire est encore plus difficile à reconnaitre et dans tous les cas pour nouveaux- nés, bébés et enfants, une consultation médicale s’impose le plus rapidement possible. 

Comment éviter les cystites ?

Mesures générales pour réduire le risque d’infection urinaire  

  • -    Boire suffisamment d’eau. Un moyen d’apprécier la quantité à boire est de boire au moins 8 verres d’eau par jour ou de boissons variées (jus, bouillons, thé, boissons non gazeuses...).

  • -    Ne pas se retenir quand l’envie d’uriner apparait car l’urine qui reste longtemps dans la vessie permet aux bactéries d’avoir plus de temps pour se multiplier.

  • -    Acidifier les urines en consommant de la vitamine C ou des aliments acidifiant comme les tomates, les citrons, les oranges et les pamplemousses (Attention, pas pendant un traitement antibiotique pour la cystite). Le jus de cranberry est conseillé puisqu’il empêcherait les bactéries d’adhérer aux parois des voies urinaires.

  • -    Limiter la consommation d’épices, d’excitants ou d’aliments irritants (vin blanc, asperges).

  • -    Lutter contre la constipation qui permet la stagnation des bactéries dans le rectum.

  • -    Rééquilibrer la flore avec des cures de probiotiques adaptés.

 

Mesures de prévention pour les femmes   

  • - S’essuyer d’avant en arrière avec le papier toilette hygiénique ou des lingettes humides après être allée à la selle ou après avoir uriné, pour ne pas ramener des bactéries de la zone anale vers la zone urinaire.

  • - Uriner immédiatement après les relations sexuelles.

  • - Toujours utiliser des préservatifs lubrifiés et en cas de sécheresse vaginale, utiliser un lubrifiant soluble à l’eau pendant les rapports sexuels.

  • - Si des infections apparaissent fréquemment et qu’elles peuvent être reliées à l’usage d’un diaphragme alors un autre choix contraceptif pourra être proposé.

  • - Hygiène quotidienne des régions anales et vulvaires indispensables, mais ne pas utiliser des produits trop agressifs pour ne pas fragiliser les muqueuses.

  • - Pas de produits déodorants : parfums intimes, douches vaginales et attention aux produits utilisés pour les bains (produits moussants, colorants etc). 

Mesures de prévention pour les hommes

S’il est plus difficile de prévenir des infections chez les hommes, les consignes seront également de boire beaucoup d’eau pour maintenir un bon flux urinaire et de traiter si besoin un problème de prostate si il y a lieu. Attention aux urétrites qui correspondent aux infections sexuellement transmissibles, celles-ci peuvent être évitées en utilisant des préservatifs lors de nouvelles rencontres d’une ou d’un partenaire.

Cystites : comment soigner une infection urinaire ?  

Le traitement passe avant tout par un diagnostic qui se fait par un examen clinique, par un examen des urines (ou le plus souvent par une bandelette urinaire) réalisé et prescrit par un médecin.
ATTENTION : ne pas se traiter soi-même en prenant des antibiotiques restant d’un précédent traitement.

Les traitements naturels pour soigner une cystite : phytothérapie  

La phytothérapie apporte une aide précieuse dans les cas de cystites et certaines études cliniques montrent bien que l’utilisation des plantes par rapport aux antibiotiques amène aux mêmes résultats de guérison sans entrainer les phénomènes de résistance des bactéries aux antibiotiques. Toutefois, il faut agir vite et avec des doses importantes car les plantes sont efficaces à conditions d’être prises dès les premiers symptômes.

  • La Bruyère : elle contient des molécules aux propriétés très anti-inflammatoires et étant fortement diurétique, elle permet d’augmenter le volume des urines et favorise ainsi l’élimination des bactéries et germes.

  • La Busserole : elle est riche en arbutoside qui se métabolise en hydroquinone qui est un puissant anti bactérien urinaire et intestinal. De plus, la Busserole possède également des propriétés anti-inflammatoires et diurétiques. (Ne pas utiliser chez la femme enceinte).

  • La Myrtille : elle contient une substance qui empêche fortement les bactéries d’adhérer à la surface de la paroi de la vessie.

  • La Canneberge ou Cranberry : elle contient des molécules : les Pro-Anthocyanidines de type A (PAC) qui se fixent sur les bactéries Escherichia coli et les empêchent de se fixer sur le tractus urinaire. Il faut, pour avoir une efficacité prouvée, une dose minimale de 36 mg de PAC par jour.

 

                                               

 

 

Les huiles essentielles sont également très efficaces en cas de cystite.

 

                                         

 

 

 

N’oubliez pas que les cystites sont des infections urinaires récidivantes alors en prévention, buvez beaucoup d'eau et ne laissez pas une cystite vous gâcher la vie, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien.

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