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Migraine : que faire ? Comment la soigner ?

Sandrine Billaud, Docteur en pharmacie

"Docteur, j’ai des maux de tête qui m’obligent à me mettre dans le noir, j’entends mon cœur battre au niveau de la tempe droite et je dois cesser toutes mes activités et la douleur est parfois intolérable que cela me donne envie de vomir. Je suis inquiète car juste avant cette grande douleur, je vois des choses bizarres comme des lumières intenses et ce même les yeux fermés… Rien ne va plus docteur… Ce ne seraient pas des migraines ? C’est grave ? Comment je me soigne et surtout comment je peux éviter que ça recommence ?"

Migraine : que faire ? Comment la soigner ?

Sommaire


 

Mal de tête ou migraine ?   

La migraine fait partie de la grande famille des maux de tête (céphalées) parmi lesquels on distingue les céphalées de tension (provoquées par la tension nerveuse, l’anxiété, la fatigue…) et les migraines. Les céphalées de tension sont dites soit primaires, soit secondaires à une autre pathologie (rhume, sinusite par exemple…). Les migraines sont des crises qui apparaissent progressivement et qui sont précédées ou non de signes annonciateurs que l’on regroupe sous le nom d’aura.

 Pour faire la différence entre les 2 :

  • - La migraine est unique par sa durée, son intensité et par sa douleur qui est ressentie en général d’un seul coté de la tête ou localisée près de l’œil. La douleur est perçue comme des pulsations dans la boite cranienne et elle est agravée par la lumière et le bruit (et parfois les odeurs).  La migraine peut aussi s’accompagner de nausées et de vomissements et seul l’isolement dans le noir permet d’apporter une accalmie.
  • - Les céphalées de tension sont des maux de tête qui se traduisent par une sensation de serrement sur le front et les tempes et provoquent un inconfort peu incommodant car elles ne provoquent ni nausées ni vomissements.
  • La migraine touche 7 millions de personnes en France et les femmes sont 3 fois plus touchées que les hommes. C’est donc l’une des pathologies neurologiques les plus fréquentes, source de handicap fonctionnel très important avec une dégradation de vie des patients et surtout des coûts indirects élevés (arrêt de travail, diminution de l’efficacité au travail, etc…)

 

En France, seulement 20% des patients migraineux ont un suivi régulier en consultation, ce qui est dommage puisque un suivi médical permet au patient migraineux d’avoir un diagnostic fiable, d’organiser sa vie quotidienne avec la migraine, de comprendre les conséquences et la sévérité des crises et de maitriser ses causes, ses facteurs déclenchants pour au final mettre en place un traitement efficace.

 

Migraine : quels sont les symptômes ?   

Pourquoi certaines personnes ont des maux de tête, des céphalées de tension ou des migraines et pourquoi d’autres n’en ont jamais même si elles sont exposées au même environnement ? C’est le grand mystère ! 

Pendant longtemps il était établi que les migraines étaient dues à des changements vasculaires avec une vasoconstriction, puis une vasodilatation des vaisseaux cérébraux à l’origine de la douleur ressentie. Or les causes physiopathologiques de la migraine seraient bien plus complexes et liées à une cascade de réactions dans le système nerveux entrainant une inflammation des neurones et une dilatation des vaisseaux cérébraux (notamment des artères des méninges) avec un nombre de médiateurs et de substances pro-inflammatoire impliqués très important.

Les principaux symptômes de la migraine sont les suivants (ils peuvent durer de 4 à 72 heures) : 

  • - Un mal de tête intense qui s’installe de manière progressive (pas brutale) et plus durable que les maux de tête ordinaires.
  • - Une douleur localisée, souvent concentrée sur un seul côté de la tête.
  • - Une douleur lancinante, des élancements et des pulsations (sensation de sentir battre son cœur dans la tête !) : une douleur pulsatile.
  • - Des nausées et des vomissements.
  • - Des troubles de la vision (une vue brouillée, des points noirs dans le champ de vision).
  • - Une sensation de froid ou au contraire des sueurs intenses.
  • - Une sensibilité accrue à la lumière (photophobie), au bruit et quelque fois aux odeurs, ce qui oblige à s’isoler dans une pièce calme et noire.

 

ATTENTION : une consultation médicale s’impose si :

  • - Il s’agit d’un premier mal de tête très intense.
  • - En cas de mal de tête différent des autres fois ou avec d’autres symptômes : évanouissement, perte de vision, difficulté à parler ou marcher…
  • - Si les migraines sont de plus en plus douloureuses ou si elles sont déclenchées par un exercice physique quel qu’il soit ou par le fait d’éternuer ou de tousser.

 

Si les maux de tête surgissent à la suite d’une blessure à la tête (choc, plaie…)

Il existe également des signes précurseurs qui précèdent le mal de tête de quelques heures à 2 jours, les plus courants sont : 

  • - De la fatigue,
  • - Des fringales compulsives,
  • - Une raideur du cou,
  • - Une sensibilité psychologique,
  • - Une sensibilité accrue au bruit, à la lumière et aux odeurs.

 

Beaucoup de migraineux connaissent également le phénomène d’aura : c’est un phénomène de nature neurologique qui dure de 5 à 60 minutes et le mal de tête apparait ensuite. C’est un signe avant-coureur de la migraine très fort et cette aura peut se manifester de différentes façons :

  • - Des effets visuels avec des éclairs lumineux, un dédoublement de la vue et des lignes de couleurs vives.
  • - Une perte de vision temporaire d’un œil ou des deux yeux.
  • - Des engourdissements dans le visage, sur la langue ou dans un membre avec quelques fois des difficultés d’élocution.
  • - Dans de très rares cas une faiblesse importante comme une paralysie : on parle alors de migraine hémiplégique qui est une maladie héréditaire génétique.

 

Il faut savoir qu’il n’y a pas deux migraineux identiques dans la globalité des signes et les crises peuvent être très différentes, avec ou sans aura.

Environ 50% des patients migraineux font deux crises par mois et la durée des crises est en général supérieure à 24 heures. Les migraines apparaissent vers l’adolescence et disparaissent en général vers 50-60 ans.

Complications : même si les douleurs provoquées sont très intenses, les crises de migraine n’ont pas de conséquences immédiates sur la santé. Cependant, des études récentes ont montré que la migraine, particulièrement celle accompagnée d’aura, est associée à long terme à un risque accru de troubles cardiovasculaires. Le risque d’infarctus du myocarde serait ainsi multiplié par deux chez les migraineux. Il est donc important d’adopter une bonne hygiène de vie pour réduire le risque cardiovasculaire : ne pas fumer, bien s’alimenter et faire du sport régulièrement. Les complications sont surtout sur l’altération de la qualité de vie des patients car elles provoquent un fort taux d’absentéisme scolaire et professionnel.

 

Migraine : personnes à risques et  facteurs déclenchants.  

Si on connait mal les mécanismes de la migraine, il est maintenant possible d’identifier un certain nombre de signes avant-coureurs et de facteurs déclenchants de la migraine.

  • - Origine ethnique : les migraines sont plus fréquentes dans la population caucasienne que la population africaine ou encore asiatique.
  • - Facteurs génétiques mais aussi environnementaux et alimentaires.
  • - Certaines maladies peuvent faire le lit de la migraine :hypertension artérielle, épilepsie, un ancien accident vasculaire cérébral, un état dépressif, l’anxiété, le stress, l’excitation ou encore la contrariété .
  • - Les modifications hormonales chez la femme puisque les migraines peuvent apparaitre autour de la puberté, s’améliorent nettement pendant la grossesse et peuvent se déclencher au moment des règles ou en cas de pilule fortement dosée. Et enfin, dans 2/3 des cas, les migraines cessent à la ménopause.
  • - La consommation d’alcool (en particulier le vin blanc), une hypoglycémie, des repas irréguliers ou encore un sevrage brutal en caféine. Certains aliments sont également impliqués comme facteurs déclenchants de migraine comme les aliments riches en histamine (responsables des réactions chez certains allergiques), le chocolat, la charcuterie, les fruits secs, des agrumes etc…
  • - Des facteurs climatiques : vent violent, chute brutale de la pression atmosphérique, forte chaleur ou froid intense.
  • - Des facteurs sensoriels : lumière vive, cinéma, odeurs entêtantes, bruit…

 

Les facteurs déclenchants et facteurs de risques étant très nombreux et variés, il sera demandé au migraineux de tenir un journal des migraines permettant de repérer, par exemple, les aliments qui déclenchent les migraines et cela constitue en général un bon départ pour la prévention de la survenue des crises.

 

Comment  soulager et traiter une migraine ?   

D’abord quelques gestes réflexes à appliquer dès que les symptômes d’un épisode migraineux sont ressentis :

  • - S’allonger dans une pièce calme et sombre, poser un linge froid ou utiliser un pack réfrigérant sur le front et boire beaucoup d’eau afin de s’hydrater au mieux (surtout en cas de vomissements). 
  • - Respirer de la menthe fraiche ou appliquer sur les temps un crayon de menthol.

 

Les traitements de la migraine en auto-médication :   

 

  • - Du paracétamol qui aura un effet très modéré sur les signes annonciateurs de la crise comme l’aura migraineuse et une efficacité modérée sur la douleur de la migraine
  • - Un anti-inflammatoirenon stéroïdien (AINS) comme de l’ibuprofène ou du kétoprofène mais ATTENTION ces médicaments ne doivent pas être associés entre eux, ni à l’aspirine.
  • - L’aspirine mais attention cette molécule à un effet très inconstant et qui porte uniquement sur les céphalées. Ne pas l’associer avec d’autres médicaments sans avis médical.
  • - Les opiacés en libre-service doivent absolument être évités en raison du risque d’abus médicamenteux et de la dépendance qu’ils peuvent créer mais aussi pour leur tendance à augmenter les nausées chez les migraineux.

 

Ces médicaments, pour être efficace, doivent être pris le plus tôt possible dès le début de la crise.

Attention en automédication : ne pas dépasser la dose maximale quotidienne autorisée et respecter la posologie car un surdosage peut avoir des effets très néfastes sur la santé. Ne pas associer les antalgiques de compositions différentes entre eux (sauf avis médical) et attention aux contre-indications de chaque médicament (bien lire la notice). Un abus de médicaments peut être également à l’origine de maux de tête chroniques et il faudra donc absolument consulter si au bout de quelques jours en auto médication, la douleur ne cesse pas.

Les traitements de la migraine sur ordonnance :   

 

  • - Des antalgiques et/ou des anti-inflammatoires non spécifiques à prendre le plus tôt possible en début de crise.
  • - Si il y des nausées associées : un médicament anti nauséeux et anti vomitif peut être prescrit.
  • - En cas de crises sévères ou d’inefficacité du traitement non spécifique, le médecin peut prescrire un médicament de la famille des Triptans qui est une famille de médicaments qui réduit la dilatation des vaisseaux sanguins du cerveau à l’origine de la douleur migraineuse. Ces médicaments ont uniquement sur ordonnance et prescrits après vérification par le médecin de non contre-indications (en particulier cardiovasculaires pour les triptans). Ce médicament doit être pris le plus précocement possible au début de la crise de migraine.

 

Le traitement de fond de la migraine :   

C’est un traitement qui ne supprime pas les crises mais qui les rends moins fréquentes et moins douloureuses et il est prescrit pas le médecin traitant en fonction de la fréquence et de l’intensité des crises et du handicap familial, social et professionnel qu’elles provoquent. Ce traitement de fond permet aussi d’éviter les abus de médicaments anti migraineux ou el surdosage lors des crises douloureuses. Le médecin peut proposer un grand nombre de traitement de fond mais les plus fréquemment employés sont les bétabloquants notamment  quand le stress fait partie des facteurs déclenchants. Chez la femme, en cas de migraines liées au cycle, un traitement hormonal peut se révéler efficace. Les médicaments contenant de la dihydroergotamine ne doivent plus être utilisés en traitement de fond en raison de leurs nombreux effets indésirables et des nombreuses contre-indications avec d’autres médicaments.

Le traitement par homéopathie de la migraine   

Pour un traitement homéopathique, il conviendra de consulter avant tout traitement son médecin homéopathe afin d’établir précisément le terrain de chaque individu et d’adapter alors les souches et posologies homéopathiques à utiliser en fonction des facteurs déclenchants les migraines.

Par exemple pour des migraines :

  • - Liées à un surcroit de fatigue nerveuse, travail, soucis, il est possible d’utiliser : Kalium phosphoricum 9CH et Phosphoricum acidum 9CH.
  • - Liées à une très grande joie ou une forte contrariété : Ignatia amara 15CH.
  • - Liées à une fatigue oculaire : Onosmodium 9CH.
  • - Liées à une fatigue musculaire : Rhus toxicodendron 9CH, Gelsemium 9CH.
  • - Liées à un excès alimentaire : Nux vomica 9CH.
  • - Liées à la ménopause : Lachesis mutus 9CH.
  • - Liées à un coup de froid : Belladona 9CH.

 

Le traitement par phytothérapie de la migraine   

Pour le traitement des migraines par les plantes, on privilégiera :

  • - Les plantes sédatives comme l’Aubépine, le Mélilot, la Melisse, la Passiflore, la Lavande ou encore la Valériane et l’Eschscholtzia.
  • - Les plantes anti-inflammatoires : La Reine des prés, la Grande Camomille, la Matricaire.
  • - Les plantes de drainage ou ayant un impact hépatique : L’Artichaud, le Romarin, le Fumeterre, le Radis noir, le Pissenlit

 

Le traitement par aromathérapie de la migraine   

Attention, avant d’utiliser pour la première fois une ou plusieurs huiles essentielles il faut auparavant dépister une possible intolérance ou allergie et toujours demander conseil à son pharmacien. Ne pas utiliser chez la femme enceinte.

Pour les migraines on retrouve principalement 3 huiles essentielles pouvant avoir une action dans la crise migraineuse :

 

De nombreux produits prêts à l’emploi sont disponibles en pharmacie et notamment sous la forme de roll-on à appliquer avec un massage express localisé.

 

Comment prévenir l’apparition d’une migraine ? 

Il existe un certain nombre d’actions préventives dont le but est de :

  • - Réduire l’intensité et la fréquence des crises, voire de les éliminer.
  • - Améliorer la qualité de vie des personnes ayant des migraines importantes.
  • - Réduire les besoins en médicaments.

 

Tenir un journal des migraines afin de découvrir le ou les éléments qui déclenchent les crises en notant tous les aliments consommés, ses symptômes, sa situation psychologique et les conditions extérieures au moment de la survenue de la migraine.

Adapter son mode de vie en fonction de l’analyse de ce journal : réduire son stress, ne pas sauter de repas, heures de sommeil suffisantes ou éviction des aliments incriminés.

Ne laissez pas un mal de tête vous gâcher la journée et agissez dès les premier signes de la douleur migraineuse : on évite le bruit et la lumière, il n’y a pas pire pour activer la douleur, on éteint les lumières, les écrans de télévision, d’ordinateur, pas de radio ni de téléphone non plus et si cela est possible on s’allonge 10 minutes en tirant les rideaux…

Les crises sont fréquentes ? Alors on consulte, car si les maux de têtes et les migraines notamment sont douloureuses et invalidantes, elles ne sont généralement pas causées par des problèmes médicaux graves mais un diagnostic doit être posé !

 

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