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Le point sur les vaccins contre le coronavirus

Sandrine Nail-Billaud, Docteur en pharmacie

En plein période de pandémie, vos pharmaciens sont prêts, formés au principe de la vaccination puisqu’ils la pratique déjà pour le vaccin anti grippe et ils sont à votre disposition, à proximité de chacun pour pouvoir pratiquer la vaccination en officine contre le SARS-COV-2. Mais avec quels vaccins ? Quels sont ceux actuellement disponibles et pour qui et surtout comment booster votre système immunitaire pour mieux lutter contre les infections ?

Vaccin

Sommaire


  1. Les différents vaccins et leurs particularités
  2. Qui peut être vacciné et quand ?
  3. Quels sont les effets secondaires des vaccins ?
  4. Combien de temps dure la protection par le vaccin ?
  5. Est ce que je peux quand même transmettre le virus si je suis vacciné ?

 

S’il ne vous a pas échappé qu’un troisième vaccin développé par Astra Zeneca vient d’être autorisé en France pour les moins de 65 ans, il vient donc s’ajouter aux vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna déjà disponibles. Mais vous vous posez peut-être la question : qui peut être vacciné actuellement et par quels vaccins ? Qu’ont-ils de différent entre eux ? Votre pharmacien conseil DoctiPharma fait le tour de la question pour vous.

 

Les différents vaccins et particularités de chacun

 

Le Vaccin Pfizer-BioNTech

Appelé aussi Comirnaty, ce vaccin est présent et autorisé depuis fin décembre par la Haute Autorité de Santé en France. C’est un vaccin à ARN messager encapsulé dans des microparticules lipidiques.

L’ARNm et notamment l’ARN messager d’un virus contient des informations génétiques permettant la production de protéines. Le principe des vaccins à ARN messager consiste à aller s’intégrer dans les cellules humaines pour les transformer en "usines" à protéines.  Ces protéines sont ensuite relâchées dans l’organisme, le système immunitaire apprend à les reconnaître et à les combattre. Il doit se conserver à -80 degrés avant d’être reconstitué pour être injecté et il nécessite 2 injections espacées de 21 à 28 jours.

Il est efficace à 95% après les 2 injections et le laboratoire a indiqué que son vaccin restait efficace dans les 2 cas de mutations principales sur les nouveaux variants apparus en janvier 2021.

Le Vaccin Moderna

Ce vaccin est autorisé en France depuis le 6 janvier 2021. Ce vaccin s'administre en deux doses espacées de 28 jours et sa formule est moins complexe à conserver : il peut être conservé jusqu'à six mois dans un congélateur, à -20 °C, puis jusqu'à trente jours dans un réfrigérateur avant utilisation. Il est efficace à environ 95% comme son voisin Pfizer car il est quasiment de la même composition et en tout cas il repose lui aussi sur le principe de vaccin à ARN messager.

Le vaccin AstraZeneca/oxford

C’est le troisième vaccin à avoir été autorisé en Europe et il s’agit d’un mode de vaccin un peu différent des 2 premiers car il s’agit d’un vaccin dit à protéines virales, c’est-à-dire que l’on vaccine avec un virus non pathogène pour l’homme. On leurre le système immunitaire en lui présentant un virus atténué ou connu pour être inoffensif comme un adénovirus qui a dans son génome un gène du virus SARS COV 2. Et donc ainsi le système immunitaire peut apprendre à reconnaitre le coronavirus et à lutter contre lui.

Son "efficacité est satisfaisante (entre 62% et 70% selon les études), sa tolérance est très bonne", a précisé la HAS malgré la vague d’effets secondaires observés en début de vaccination, mais comme beaucoup d’effets secondaires liés aux vaccins habituellement. Son efficacité contre les variants fait aussi débat. Dernièrement, ce sont des cas de thromboses qui ont été mis en avant sans qu’on puisse actuellement les imputer au vaccin. On manque aussi de données concernant son efficacité sur les personnes âgées, ces dernières ayant été recrutées plus tardivement dans l'essai. C'est ce qui a conduit la Haute Autorité de Santé à restreindre son utilisation. Elle recommande ce vaccin chez les personnes de plus de 55 ans, sans limite d’âge ensuite.

Le vaccin de Sanofi et GSK

C’était un vaccin à base de protéine recombinante, ce qui aurait dû conférer une immunité plus forte et plus durable contre les infections​​​​​​. Mais les résultats intermédiaires des essais lancés sur l'homme en septembre ont montré une réponse immunitaire inférieure aux attentes, notamment chez les personnes âgées. Une déception qui a conduit les deux laboratoires à annoncer que leur vaccin ne pourra être prêt que fin 2021.

Le vaccin chinois de Sinopharm

Parmi les 5 vaccins chinois en cours de développement, un de ces candidats présentaient 79% d’efficacité. Ils ont toujours en cours de phase d’essai sur des volontaires en ce début 2021.

Le vaccin russe spoutnik

Ce vaccin russe serait efficace à 91,6 % et ce vaccin avait même commencé à être distribué à Moscou, dès le 5 décembre 2020, mais suscitait la réserve des pays européens, notamment en raison d'un manque de données. Administré en deux injections, Spoutnik V repose sur une technologie similaire à celle du vaccin d'AstraZeneca. Il peut être conservé sous forme lyophilisée, au frigo, entre 2 et 8°C. Les autorités russes ont déposé le 20 janvier une demande d'autorisation dans l'Union européenne. Le vaccin est utilisé en Russie, mais aussi dans une dizaine de pays dont l'Argentine.

En France, l’institut pasteur stoppe le développement de son vaccin

Fin janvier 2021, l'Institut Pasteur a annoncé qu’il arrêtait le développement de son principal projet de vaccin contre la Covid-19. Le vaccin utilisait comme base le vaccin contre la rougeole. Les essais de phase I menés depuis août 2020 se sont avérés moins concluants que prévu. 

 

Qui peut être vacciné et quand ?

C’est bien là toute la question. Car après un démarrage en fanfare, le ralentissement de la livraison des doses de vaccins de Pfizer et de Moderna ont mis à mal les prévisions du calendrier vaccinal. Mais la vaccination est repartie de plus belle grâce au vaccin d’Astra Zeneca, disponible lui en très grande quantité.

Alors quels vaccins pour qui ?

Vaccins Pfizer et Moderna : pour qui ?

Actuellement, la vaccination est ouverte : 

  • - Aux personnes âgées en EHPADs ou en unité de soin de longue durée,
  • - À l’ensemble des soignants de plus de 50 ans ou présentant des comorbidités (obésité, BPCO,diabète, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale, cancers et maladies hématologiques malignes actifs, etc.)
  • - Aux pompiers de plus de 50 ans ou présentant des comorbidités,
  • - Aux aides à domicile de plus de 50 ans ou présentant des comorbidités,
  • - Aux personnes handicapées vulnérables prises en charge dans les foyers d’accueil médicalisés et les maisons d’accueil spécialisées.
  • - Aux personnes âgées de plus de 75 ans, 
  • - Aux personnes vulnérables à très haut risque qui devront bénéficier d'une prescription médicale (atteintes de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie, atteintes de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés, atteintes de polypathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes, atteintes de certaines maladies rares, atteintes de trisomie 21)

 

Les prochaines catégories prioritaires sont les personnes âgées de 65 à 74 ans et les personnes âgées de 50 à 65 ans. Pour rappel, dans un communiqué publié le 18 décembre, la Haute Autorité de santé a recommandé que :

  • - Les femmes enceintes ne figurent pas dans les populations à vacciner en priorité. En effet, elles n'ont pas été suffisamment incluses dans les essais cliniques et les données concernant l'effet d'un vaccin sur la grossesse manquent.
  • - La vaccination des mineurs contre la Covid-19 est exclue dans un premier temps. Dans la mesure où les moins de 18 ans sont moins susceptibles de souffrir de formes graves de la maladie, "les essais cliniques des vaccins n’ont pas suffisamment inclus les mineurs"

 

La troisième phase de la vaccination (ouverte au reste de la population majeure) est maintenue pour la fin du printemps. La vaccination des résidents d'établissements type maison de retraite, EHPAD a lieu directement sur place pour limiter les risques.

Vaccin AstraZeneca : pour qui ?

Ce troisième vaccin autorisé en France n'est pas recommandé pour les moins de 55 ans. La première livraison à partir du 6 février sera affectée aux établissements de santé pour les soignants. Puis le vaccin sera proposé aux personnes de plus de 55 à 64 ans présentant des comorbidités, puis à l'ensemble des 55-64 ans. Fin février, les médecins généralistes, les pharmaciens et les infirmiers pourront procéder aux injections, ce vaccin permettant un stockage et une conservation au réfrigérateur.

Quels sont les effets secondaires des vaccins ?

Comme les médicaments, les vaccins peuvent être responsables d'effets indésirables plus ou moins graves. Quelques effets secondaires (attendus) ont été recensés lors des essais cliniques, comme des douleurs ou un gonflement au niveau du bras, une inflammation au point d’injection, des nausées ou des maux de tête. Des réactions plus "générales" peuvent survenir, comme de la fièvre, un malaise, des douleurs musculaires ou des maux de tête.

Ces effets indésirables apparaissent en grande majorité dans les heures qui suivent l'administration du vaccin et disparaissent spontanément dans les 24h. Les vaccins à ARNm seraient notamment plus réactogènes que les vaccins contre la grippe, mais les effets indésirables restent acceptables. 

Pour rappel, une fois le vaccin distribué, la phase IV des essais cliniques, dite de pharmacovigilance, peut s'ouvrir : les patients et médecins sont invités à signaler d'éventuels effets secondaires non répertoriés aux instances concernées sur le site de l’agence nationale de sécurité du médicament.

 

Combien de temps dure la protection par le vaccin ?

Pour l’instant les données ne sont pas encore connues puisque cela se passe en temps réel, mais un délai de protection à 95% de 3mois est pour l’instant le premier délai validé par des études indépendantes. La protection sera sans aucun doute plus longue, mais il s’agit uniquement des premières données pour le moment. Il faut attendre que les études soient faites sur tous les gens vaccinés depuis le début janvier.r.

 

Est ce que je peux quand même transmettre le virus si je suis vacciné ?

Pour l’instant rien n’indique que le vaccin contre le Sars-Cov-2 soit bloquant de tout portage du virus. C’est-à-dire qu’on ne sait pas si le vaccin protège uniquement la personne vaccinée contre le coronavirus ou s’il empêche aussi de transmettre la maladie à quelqu’un d ‘autre. Les études entamées au début de la vaccination permettront sans aucun doute de le savoir.

 

Et mon système immunitaire là-dedans : comment l’aider ?

La base : parmi les principaux piliers à retenir pour maintenir son système immunitaire performant :

  • - Le sommeil : une seule nuit blanche suffit à affaiblir nos défenses naturelles, aussi respecter son propre rythme, rester vigilant aux signaux de fatigue et si besoin utiliser des outils connectés (montres, smartphone) pour contrôler la qualité ou la quantité de temps de sommeil.
  • - Manger équilibré : la période froide et peu lumineuse de l’automne et l’hiver peut vous inciter à manger plus gras, plus sucré, faire des réserves… c’est une mauvaise idée car vous surchargez alors votre organisme qui va devoir puiser dans ses réserves pour métaboliser tous ces excès et donc automatiquement cela aura un impact sur les cellules immunitaires. Privilégiez les produits de saison, respectez les équilibres glucides (avec surtout des glucides lents : pates, céréales, riz…), protéines, lipides et levez le pied sur les boissons alcoolisées et les sodas sucrés qui ont été montré comme étant réellement impactant sur le système immunitaire.
  • - Conserver un poids de santé : cela évite de fatiguer l’organisme dans des tentatives d’ajustement permanent, c’est en cela que l’activité physique est aussi un allié.
  • - L’activité physique : Attention, on ne fait jamais de sport en cas de fièvre ou d’infection ORL type rhino pharyngite, angine, toux…Donc l’activité physique oui, bien sûr, car elle permet finalement de diminuer l’anxiété, de conserver un poids de santé, de mieux dormir et de renforcer la résistance de l’organisme au niveau des voies respiratoires.
  • - Tabagisme : le tabagisme affaiblit l’organisme et donc le système immunitaire en diminuant notamment la quantité de vitamine C disponible dans l’organisme.
  • - Diminuer le stress car l’anxiété entraine de la fatigue, des difficultés de mémoire, de concentration, et des troubles du sommeil. C’est principalement la faute au cortisol, une hormone sécrétée sous l’effet du stress et qui handicape le système immunitaire.

 

Les probiotiques

Ils sont à la mode depuis quelques années déjà et très certainement avec raison puisque c’est au niveau de l’intestin et du tube digestif, c’est-à-dire au niveau de notre flore appelée le microbiote que beaucoup de choses sont contrôlées et notamment la gestion des microorganismes infectieux.

Aussi l’utilisation d’une cure de probiotiques permet de renforcer sa muqueuse intestinale en renforçant ces « bonnes » bactéries qui vivent au sein de l’intestin pour procurer une meilleure défense contre des micro-organismes envahisseurs.

Les vitamines

Elles sont bien sûr indispensables au bien-être et à la vitalité de notre organisme, car elles participent à tous les échanges vitaux cellulaires. Pour optimiser son immunité, il est bien sur conseillé d’avoir des apports suffisants tous les jours des différents types de vitamines.

 

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